Une pluralité de volontariat engagée dans des projets de reforestation


21 août 2017

Elles/Ils s’appellent Charlène, Mélanie, Solène, Antoine, Angélique, Yannick ou Nicolas et ont décidé de s’engager avec l’ONG Envol Vert au Pérou.

VSI, service civique, stagiaires, projet étudiant, tou-te-s se sont retrouvé-e-s à Pichanaki autour de projets de reforestation, dans cette zone qui est la 4ème la plus déboisée du Pérou.

De par sa topographie vallonnée, la région de Junin présente un potentiel agricole important et l’agriculture constitue l’activité la plus pratiquée par la population. La production de café arabica mobilise à elle seule 74% des surfaces cultivées. 

Cependant, plusieurs facteurs empêchent le développement soutenable de ces activités : l’accès restreint des producteurs aux formations (10%), le manque d’infrastructures productives (séchoir de café, équipement de traitement de café, etc..), l’existence encore très récente de plan de planification de la production agricole mais aussi l’instabilité des revenus des producteurs liées à la variation des cours du café et l’apparition fréquentes d’épidémies affectant les produits. Les sols de la région sont utilisés de manière irrationnelle et intensive, sans considérer leur vocation ni leur potentiel.

De plus, cette déforestation est aussi associée à l’arrivée récente d’agriculteurs colons pratiquants une agriculture migratoire non durable basée sur l’abatis-brulis et les monocultures. 

Dans ce contexte de dégradation des aires forestières, Envol Vert met en place un projet visant à restaurer l’équilibre écologique de la zone et la fonctionnalité des écosystèmes en favorisant la plantation de variétés locales de bois d’œuvre et d’espèces fruitières pouvant s’associer avec les cultures de cafés prédominantes dans la région en collaboration avec les acteurs locaux et les communautés.

Janet, cheffe de la communauté Waipangoni nous explique :

« Ils sont venus dans la communauté pour nous dire de planter les arbres qu’il y avait ici avant dans la communauté. Ils nous ont appuyé à repiquer les arbres dans les sacs prévus à cet effet qu’ils avaient ramené et après on les amener dans les champs pour réellement les planter […] et on va continuer à replanter des arbres sur nos terrains. »

Cultivant des arbres natifs de la région dans une des 15 pépinières volantes autogérées par les bénéficiaires dans leur centre peuplé, les volontaires d’Envol Vert répertorient les arbres de chaque chakra (ferme) avec les agriculteurs et identifient ensuite les arbres natifs qu’ils pourraient planter en accord avec les agriculteurs. 

Julio, ingénieur péruvien qui travaille avec l’ONG avoue :

« Initialement on avait un degré d’acceptation du pin [le pin est certes une espèce exotique, populaire pour sa rapidité de croissance, mais s’il est utilisé dans un paysage qui n’est pas le sien et sans considération il peut générer des altérations sur le paysage et le sol et crée un écosystème différent], et les volontaires nous ont expliqué qu’en France cet arbre poussait sur un sol acide et qu’au lieu d’améliorer le sol il l’empirait ». 

Charlène VSI depuis plus d’un en tant que coordinatrice de projet nous explique les actions qu’elle a réalisé.

« Le volontariat c’est un travail de tous les jours, ce sont des petites actions quotidiennes qui prennent leur sens dans le temps. C’est d’ailleurs tout l’intérêt d’un volontariat à long terme, on a le temps !

Au-delà de ça, en mettant ma pierre à l’édifice j’ai eu concrètement le sentiment de participer à la mise en place des quelques 50 000 arbres plantés par les bénéficiaires en 2016 au Pérou, j’ai discuté concrètement avec ceux qui déboisent pour comprendre leurs motivations, j’ai passé des heures dans la forêt à inventorier, à observer, à me perdre et à partir à la rencontre de ceux qui luttent pour sa préservation.

 

En un an j’ai l’impression d’avoir compris un peu mieux ce qui se passe dans le monde agricole moderne, parce que les enjeux autour de la forêt Amazonienne concernent tout le monde. Aussi bien les agriculteurs péruviens qui plantent des monocultures pour la rentabilité que ceux qui définissent des prix au kilo toujours plus bas depuis l’autre bout du monde. » 

 

Les coopératives partenaires ont par ailleurs exprimé le souhait de mettre en place des parcelles démonstratives ayant pour objectif de tester de nouvelles techniques agroforestières et agro-écologiques innovantes. Ces actions s’inscrivent dans une dynamique de renforcement de la sécurité et de la souveraineté alimentaire des bénéficiaires du projet en diversifiant les cultures.

Mélanie, stagiaire paysagiste nous explique en quoi consiste son travail à Pichanaki :

« En tant que paysagiste on sait analyser le territoire, comprendre un peu comment ça fonctionne. On a des méthodes de travail qui nous ont fait voir, travailler avec les gens, dans l’idée que le paysage c’est pas juste beau (enfin pour moi) c’est vraiment ton mode de vie en fait, comment tu vis, comment tu travailles avec l’environnement qui t’entoure pour qu’il devienne tien. C’est pour ça que c’était important pour moi de faire mon stage dans un domaine agricole, parce que pour moi l’agriculture est vraiment créatrice de paysage, parce que c’est vraiment une façon de rendre tien ce qui t’entoure.

Dans les parcelles j’ai fait le design, dans l’idée que je voulais travailler en concertation avec les gens. Ici à Pichanaki, on a trois parcelles différentes, et je tenais vraiment à ce qu’elles soient différentes, pas juste dans des lieux différents, qu’elles soient vraiment différentes car elles seraient à l’image des gens qui allaient après les utiliser. »

 Envol Vert mène aussi des projets de sensibilisation dans des écoles primaires. Ainsi, grâce à un projet étudiants soutenu par l’association PERUNIDAD, des ateliers de sensibilisation sur la déforestation, le changement climatique et le développement durable ont pu être réalisé dans des écoles :

Antoine, étudiant en France en école d’ingénieur

« On a fait un jeu (jeu de la ficelle) dont le but est de montrer les conséquences par exemple avoir d’une activité d’un producteur de café et une activité d’exportation et ce que cela pouvait avoir comme conséquence sur d’autres endroits de la planète. Je pense que ça en a étonné certains de voir qu’avoir une activité de chez eux qui est ensuite exportée ou qui a un coût écologique, cela pouvait avoir des conséquences sur je sais pas des inuits qui vivent au nord. C’était aussi intéressant d’avoir ce dialogue là avec eux, même s’ils savent que la nature leur apporte beaucoup […]. Je pense qu’on a réussi à amorcer un peu de réflexion là-dessus »

 Charlène revient sur un de ces moments les plus fort : 

« La rencontre avec les communautés natives productrices de café dans la région de Pichanaki. J’y suis allée pour repiquer des cèdres colombiens dans nos pépinières volantes et autogérées. Nous les alimentons en espèces natives de bois d’œuvre ou fruitiers pour leur permettre de reforester leur terrain avec des espèces qui leur apportent un revenu supplémentaire et un cadre de vie. La participation de la communauté est une valeur forte que nous essayons de motiver au maximum, les bénéficiaires décident et gèrent les pépinières selon leurs modalités, nous on conseille. Travailler comme ça, c’est beaucoup de boulot mais aussi beaucoup de plaisir. Ce jour-là toute la communauté s’est mobilisée, les vieux comme les jeunes et le tout dans la bonne humeur et l’envie de partager !

Marcher dans les champs de café qui approvisionnent une partie de la planète, c’était fort et c’était beau. C’est dans ces moments-là que notre engagement prend tout son sens. »

 Si vous souhaitez avoir plus d’information sur les projets d’Envol Vert, rendez-vous sur leur site

 

http://envol-vert.org/ ou leur facebook.

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