« Partir c’est choisir la simplicité, l’abandon et l’ouverture » - Sibylle, volontaire de solidarité internationale


10 juillet 2018

Sibylle, Volontaire en Côte d'Ivoire

Initiation au milieu hospitalier, création d’une équipe de football féminine, réflexion sur l’engagement volontaire…découvrez le témoignage de Sibylle ! Après un an et demi de volontariat, elle nous raconte sa mission et son expérience à l’Hôpital Saint Jean-Baptiste de Bodo, de l’Ordre de Malte.

 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Sibylle, j’ai 24 ans, je suis diplômée d’un master de géopolitique. Cela fait un an et demi que je suis engagée en tant que volontaire en Côte d’Ivoire. Je suis actuellement en mission dans un hôpital de l’Ordre de Malte où j’occupe le poste d’assistante de direction. Je n’avais aucune connaissance du monde hospitalier, cela a donc été un énorme challenge pour moi.

Peux-tu présenter ta structure d’accueil ?

L’hôpital se situe à Bodo, en zone rurale, à une centaine de kilomètres au nord d’Abidjan. Il est géré par l’Ordre de Malte France, qui est une association catholique, hospitalière, « dont la vocation est d’accueillir, de secourir et de soigner les personnes fragilisées par la vie, et de former leurs aidants ».

Ouvert en 2015, c’est le premier hôpital de l’Ordre de Malte France en Côte d’Ivoire.

J’ai été envoyée en volontariat par la Délégation Catholique pour la Coopération (DCC) qui m’a formée et qui a assuré mon suivi durant toute la mission. La DCC est le service du volontariat international de l’Église en France. Elle envoie des volontaires de solidarité sur des missions de 3 mois à 2 ans.

Hôpital Saint Jean Baptiste de Bodo

En quoi consiste ta mission ?

Ma mission consiste à seconder le directeur et les différents services, à créer du lien. C’est un rôle très enrichissant car il me permet d’évoluer sur tous les fronts : autant logistique, qu’administratif, ou même social. Nous sommes en contact direct avec les populations.

Ce Volontariat de Solidarité Internationale est une expérience humaine très forte, l’hôpital ayant pour vocation d’offrir la meilleure prise en charge possible aux plus démunis. Nous sommes donc confrontés à beaucoup de misère humaine. L’objectif, je pense, est de répondre à un besoin, tout en apportant son expérience et sa touche personnelle et en donnant une chance à l’échange : aimer en compétence finalement !

Sibylle, volontaire DCC

Que retiens-tu de ta mission et ton expérience de volontariat ?

Au-delà de l’aventure professionnelle, cette année m’offre également une immersion totale dans la culture ivoirienne. J’ai donc la chance de découvrir les richesses du quotidien ici.

Parmi les très bons (et très nombreux) souvenirs de cette mission, je compte notamment la création de l’équipe de foot féminine de l’hôpital. Partir de loin, être la seule motivée (se demander même d’où je puisais ma propre motivation… !) et aboutir à un super résultat ! Je pense n’avoir jamais été aussi agréablement surprise et heureuse que lorsque j’ai vu les filles se lancer la première fois sur le terrain, charlotte d’infirmière sur la tête pour caler les tresses, et se donner à 100% comme elles l’ont fait.

volontariat en Côte d'Ivoire

Selon toi que signifie être volontaire ?

Partir en volontariat signifie faire un choix et s’engager. Pour les jeunes (et moins jeunes) d’aujourd’hui qui ont cette si grande soif d’absolu, un volontariat c’est une mine d’or !!

C’est une chance énorme, celle de prendre la décision en toute liberté de progresser (personnellement, humainement et professionnellement) dans le service, dans une dynamique d’interculturalité.

Partir c’est :

Choisir la simplicité.

Choisir l’abandon.

Choisir l’ouverture.

Loin d’être un "sacrifice", partir en volontariat signifie tout de même renoncer à une certaine forme de confort. Une expérience parfois difficile mais qui conduit à un bonheur plus grand et à plus de sérénité. S’expatrier oblige aussi à apprendre à se connaître et à s’écouter, à s’enrichir des petites joies simples.

Loin de sa montre, loin de l’utra-connexion et l’ultra-consommation, mais plus que jamais proche du réel  ! Alors même si j’ai hâte de remanger du chocolat et du fromage (! !) je m’enrichis beaucoup de cette rencontre avec l’essentiel !

volontariat de solidarité internationale en Côte d'Ivoire

Quelles sont les perspectives après ta mission ?

Pour la suite, je pense que la rencontre avec le monde hospitalier ne laisse pas indifférent, surtout que tous les corps de métier y sont attendus. La DCC compte également nous soutenir dans nos projets de retour.

Reprendre ses études, commencer à travailler, les perspectives sont multiples ; dans tous les cas je rentre avec une nouvelle énergie, une envie de faire plus et mieux tout en prenant le temps. Si j’ai bien retenu une chose ici c’est que : ça va aller  :)

Sibylle, volontaire à l'Ordre de Malte

Retour haut de page