Scouts et Guides de France, volontaires en Egypte
Nous sommes quatre étudiants lyonnais, trois filles et un garçon, âgés de 18 à 19 ans. Trois d’entre nous font des études d’ingénieur à Strasbourg, Grenoble et Lyon ; la dernière étudie les sciences politiques à Lyon.
L’association des Scouts et Guides de France dont nous faisons partie, est l’un des membres fondateurs de France Volontaires. Au sein de cette structure on nous apprend, aux fils des années, à devenir autonomes, indépendants et à nous ouvrir aux autres. Notre groupe est depuis deux ans une équipe compagnon, c’est à dire que nous faisons partie de la branche aînée du scoutisme français. A ce titre, nous avons pendant deux années, monté un projet solidaire dans son intégralité.
Ainsi, parallèlement à nos études et autres activités, nous avons dû trouver un partenaire, notre destination, les activités que nous voulions et étions capables d’entreprendre sur place et bien sûr, le financement nécessaire. Cette préparation doit finalement aboutir à un chantier d’un mois dans le pays choisi avec le partenaire.
Une réalité… imprévue
Le projet, prévu pour l’été 2011, était en partenariat avec le centre Salam. Notre action là-bas se résumait à de l’animation auprès d’enfants de divers horizons. Peu avant notre départ, le projet a été annulé pour des raisons de sécurité.
Les Scouts et Guides de France et France Volontaires, qui dispose d’une représentation en Egypte, nous ont proposé un nouveau chantier tout aussi intéressant. Les premiers jours, nous avons participé aux journées franco-égyptiennes de la citoyenneté et du volontariat. Ce fut très enrichissant de commencer par ceci car nous avons pu en découvrir plus sur la façon de penser des égyptiens, leur rapport à la nation et leur engagement dans la vie de tous les jours. Une petite vidéo a été réalisée à cette occasion.
Nous avons ensuite été mis en relation avec deux associations : Caritas Egypte et l’Association des Frères (dont le Mouvement International d’Apostolat des Enfants). La première est très présente au Caire et a un champs d’action très étendu. Cependant, notre équipe ne s’est concentrée que sur un seul projet : Kafr El Sissi. C’est un centre de jour où des enfants en situation précaire sont accueillis de 9h à 15h. Le premier objectif de cet endroit est de sortir les enfants de la rue, le deuxième est de leur permettre d’intégrer une formation afin qu’ils puissent trouver un métier. Ainsi, des animateurs enseignent aux enfants des bases de langue arabe et de mathématiques mais également des arts manuels et de la musique pour les éveiller à différents domaines.
L’association des Frères, elle, a plusieurs pôles d’action ; nous en avons expérimenté deux. En premier lieu, tous les matins de 8h à 11h, des enfants ouvriers sont accueillis pour participer à des jeux mais également suivre des cours de langue arabe et de mathématiques afin d’obtenir le diplôme d’alphabétisation. Le but de cette action est de leur permettre d’avoir des emplois moins précaires. L’association ouvre ses portes aux enfants du quartier les après-midi : les filles sont accueillies le jeudi et les garçons le vendredi. Des jeux, des travaux pratiques et des discussions à thème leur sont proposés. Cette association accorde une grande place à l’expression de l’enfant. C’est pourquoi, à chaque rencontre, les enfants font part de leurs envies, de leurs suggestions et de leurs remarques.
.jpg)
Construire de nouveaux liens
Dans chaque association, notre mission principale était d’organiser des jeux pour les enfants. Nous avons aussi donné quelques cours de français et des séances de travaux manuels. Travailler avec des enfants en situation difficile était pour nous quelque chose de nouveau. S’ajoutait à cela, l’intérêt d’être acteurs dans deux associations et ainsi, de travailler de manière différente et complémentaire.
Dans la première association, au Kafr El Sissi, nous avions une plage horaire réservée. Nous étions donc seuls avec les enfants, seuls responsables de leurs activités et de leur amusement. Cette responsabilité nous a permis de nouer une complicité avec les enfants sans l’aide d’intermédiaires. Il était aussi très intéressant pour nous de franchir la barrière de la langue pour comprendre mieux les envies des enfants. Ce qui était appréciable aussi, était de rencontrer tout le personnel de l’association autrement que par le travail.
Avec les enfants de l’école parallèle, nous nous greffions au programme établi : nous ajoutions simplement des jeux, des cours de français et des arts manuels. Cette approche différente de l’autre était tout aussi constructive. Ici, l’intérêt principal était de rencontrer les enfants et les animateurs au même moment et de créer ainsi des liens ensemble, par le travail commun. Nous avons par ailleurs, adoré suivre des cours d’arabes et de mathématiques sur le même banc que les enfants.
Concernant les filles et les enfants du quartier, nous avons organisé le programme d’activités avec les animateurs. Ce, lors de réunions prévues ensemble, en dehors du chantier. Nous avons donc pu partager d’avantage entre adultes et passer ensemble des moments forts. Notre rapport avec les enfants était, de ce fait, lui aussi nouveau. Le plus enrichissant pour nous fut de travailler avec différentes personnes, de différentes façons et surtout avec des enfants de différents milieux.
Un bien joli bilan… pour l’avenir
Nous avons fait de nombreuses rencontres, nous avons beaucoup échangé, joué et travaillé entre égyptiens et français issus de milieux différents. Cette richesse culturelle nous a vraiment plu. Apprendre à vivre au Caire, s’habituer aux klaxons et profiter de l’ambiance chaleureuse qui y règne a été une vraie partie de plaisir pour toute l’équipe.
Ce séjour a été pour nous notre toute première expérience de volontariat et celle-ci nous a beaucoup marqué, nous nous en souviendrons toute notre vie. Grâce au soutien et à l’apport de France Volontaires, grâce aux journées de la citoyenneté et grâce aux différentes rencontres et moments vécus ensemble, le volontariat est maintenant pour nous quelque chose d’important. En effet, nous avons pu constater qu’il était bien plus important de vivre en partie pour les autres que de vivre uniquement pour soi.
A chaque fois, nous avons été très touchés par l’accueil que nous ont réservé les enfants et les animateurs des différents groupes : on nous a rendu au centuple le peu que nous avons donné. Certains d’entre nous commencent à envisager la possibilité de s’engager comme volontaire sur une plus longue durée, à la fin de leurs études.
Aleth, Madeleine, Benoît et Maïni.

