Sylvie, Congés de solidarité au Maroc
Qui êtes-vous ?
Agée de 30 ans, j’ai intégré La Poste il y a un peu plus de deux ans en tant que chef de projet à l’Agence de Communication et d’Information du groupe La Poste en Midi-Pyrénées. J’ai eu la chance de pouvoir effectuer une mission de congés solidaires grâce à mon employeur, partenaire de France Volontaires.
Quel est votre parcours professionnel ?
J’ai toujours exercé le métier de communicante, animée par la volonté de travailler au sein de structures, collectivités ou entreprises, ayant des missions de service public : après de courtes missions chez Electricité de France, j’ai été chargée de communication au Conseil économique et social d’Ile-de-France puis directrice de la communication de la mairie d’Oloron Sainte-Marie, dans les Pyrénées-Atlantiques.
Aviez-vous des attentes particulières avant le départ ?
Je souhaitais mettre mes compétences et mon expérience en matière de communication institutionnelle à disposition de structures qui en étaient dépourvues. C’est pourquoi bien avant la destination, mon choix s’est porté sur une mission de renfort des outils de communication du GADEM (groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et migrants), association marocaine basée à Rabat. J’espérais de cette mission un échange d’expériences, de points de vue, de méthodes de travail. Je souhaitais apprendre des membres du GADEM autant qu’apporter des conseils et solutions pour accentuer la visibilité et asseoir la légitimité de l’association. La mission a en cela totalement correspondu à mes attentes et l’adaptation culturelle s’est faite sans aucune difficulté.
Quelle était votre mission ?
Ma mission consistait au départ à renforcer les outils de communication du GADEM. Après un audit rapide, et avant même d’envisager la création de supports, nous avons d’abord établi ensemble un plan de communication visant à bien définir les objectifs de communication, les cibles prioritaires et les messages à diffuser, ainsi que les actions prioritaires à mettre en place. Parallèlement, l’association souhaitait vivement lancer son site internet. Nous avons donc mené les deux chantiers de front et en avons profité pour travailler sur l’identité visuelle du GADEM (logo, charte graphique…).
Qu’est ce qui a fonctionné/ ce qui n’a pas fonctionné dans la mission ?
En partant 15 jours, je ne pensais pas pouvoir effectuer l’intégralité de ma mission. Et effectivement, nous n’avons pas mis en place les multiples guides et supports envisagés au départ. Cependant, l’analyse préalable effectuée par le GADEM et le travail en équipe m’ont permis de saisir très rapidement les enjeux de cette communication. Rapidement, nous avons mis en place un plan de communication global, très utile pour décider des supports à réaliser, et avons réfléchi à l’identité du GADEM. Nous avons également réussi à structurer un site internet alors que personne n’avait la compétence de développement web, et nous avons rédigé la grande majorité des contenus. Le site est aujourd’hui prêt à être lancé ! Pour moi, c’est une réussite !
Quel bilan faites-vous de cette expérience ?
Le bilan est très positif. Cette expérience était enrichissante à plusieurs niveaux : mise en place d’un plan de communication dans un contexte politique et médiatique totalement différent de celui que nous connaissons en France, échanges interculturels avec les membres de l’association et d’autres volontaires, découverte de Rabat… Je continuerai, dans la mesure du possible, à apporter mon soutien au GADEM à distance sur ses problématiques de communication et je suis prête à repartir pour une nouvelle mission !
Pierre, Volontaire en Congés de solidarité à Madagascar
Pierre est agent du Conseil Général du Finistère
« Dans mon travail au Conseil général du Finistère, je m’occupe d’acquisition, de gestion et d’ouverture au public d’espaces naturels. Je m’intéresse aussi de près à la protection et à la gestion des zones humides.
Je vous propose de me suivre pendant quelques semaines dans une aventure particulière, celle d’un congé de solidarité proposé par le Conseil général du Finistère, mon employeur, et organisé par l’association France Volontaires son partenaire pour les missions de volontaires à l’international.
L’objectif : écouter, échanger, partager des expériences sur la gestion des ressources forestières avec élus et des techniciens des collectivités du secteur de Diego-Suarez, dans le nord de Madagascar. »
Extrait de son blog :
« Waouh ! En deux jours, j’ai dû ensiler pas mal d’infos. Dans le train, qui me ramène de Paris à Quimper où on a rencontré Juliette, chargée de mission à FV, j’essaie de faire le tri.
On va commencer par le début.
D’abord les billets. FV a calé les réservations et l’achat des billets d’avion. Il ne reste plus qu’à se présenter à l’heure.
Un budget prévisionnel a été fait pour la mission et le montant est versé sur mon compte. Le principe ensuite c’est que je règle l’ensemble de frais (hôtel, repas, essence…) avec mes moyens de paiement. Ensuite on fera les comptes avec les justificatifs, enfin s’il y en a ! J’ai aussi signé un contrat d’assurance “tout compris” d’Europ’ Assistance. Le contrat a des clauses assez inquiétantes, d’autres rigolotes, d’autres stupéfiantes… Enfin j’imagine que quand ça arrive, on est de toute façon sidéré. Mais ma clause d’exclusion préférée de ce contrat d’assurance c’est celle-ci : “Les accidents résultant de l’expulsion d’un engin destiné à exploser par suite de transmutation du noyau de l’atome et des installations d’utilisation de l’énergie atomique. Si l’accident est causé ou provoqué volontairement par votre ou vos bénéficiaires, ces derniers seront déchus de leurs droits“. Ce n’est pas une blague.
Passé le contrat d’assurance, là où ça a fait tilt, c’est quand il a fallu signer la feuille de mission. Alors, rien à voir avec Mission Impossible 3 où l’appareil photo trafiqué s’autodétruit dans les 5 secondes après la diffusion du message.
Là, on doit signer un document officiel et on a même le droit de repartir avec un exemplaire. Et puis, normalement c’est moins dangereux, non ? »
Guillaume, Volontaire en Congés de solidarité à Madagascar
Guillaume – Agent du Conseil Général du Finistère
Guillaume a 35 ans. Il est chargé de mission jeunesse depuis 2003 au Conseil général du Finistère. Il a participé, dans le cadre du congé de solidarité mis en place en partenariat avec France volontaires, à une mission de 3 semaines d’appui technique à des professionnels de la Communauté urbaine de Diégo Suarez – Antsiranana à Madagascar, sur le soutien, la valorisation et l’accompagnement des projets de jeunes.
Extrait de son blog :
« 6h. Réveil matinal.
Objectif : faire une balade dans les faubourgs, prendre les itinéraires BIS.
Suis assis au pied d’une mosquée, c’est la prière du matin. Mosquée rutilante au regard des maisons qui l’entourent, des gargotes…
Diégo, dans sa partie Nord, est une ville carrée, dessinée à la règle par les « colons bâtisseurs ». Vestiges de maisons coloniales, grands axes, goudronnés et rues perpendiculaires. Pour se déplacer, on peut se contenter de n’emprunter que ces axes.
Présentables mais pas représentatifs.
Les petites rues et dédales donnent un aperçu des conditions de vie : baraquements en tôle, où vivent familles nombreuses, grands-parents (sils sont en vie), enfants, mères…seules , les pères étant souvent partis. Une pièce unique vraisemblablement, cuisine dehors. Au charbon. Parfois des poules autour Plus souvent des détritus, des bennes à ordures qui débordent, odeurs à la clef, …l’assainissement à même la rue. Les moustiques doivent adorer.
Les gens sont pourtant dignes, travailleurs…, surpris de voir un wasah dans le coin.
Pas d’agressivité. Mais difficile de pointer l’appareil pour mettre à jour cette …misère, disons-le, même si le mot ne me satisfait pas. »

