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Livia Goldstein, au Togo, en soutien scolaire auprès de CM : « J’ai essayé d’installer une pédagogie par l’exemple »

 

Tout d’abord, je fais de l’enseignement dans l’école qui dépend du foyer, ce qui rentre dans ma mission de base. Je donne des cours de français (orthographe, grammaire, vocabulaire, lecture, construction de phrases, conjugaison) en collaboration avec le professeur de la classe de CM1/CM2 de l’école Main de Dieu, rattachée à l’orphelinat.

Dans l’ensemble des cours que j’ai donné, j’ai essayé de mettre l’accent sur la compréhension, ce qui est très peu fait dans les méthodes d’ici, basées beaucoup plus sur l’apprentissage « par coeur ». J’utilise le tableau, et tente de rendre les cours au maximum interactifs.

 

J’ai un peu modifié l’approche de la lecture….

La méthode habituelle est de recopier au tableau un paragraphe d’un texte, de le faire copier aux enfants dans le cahier (souvent avec des fautes), et de le lire après. J’ai préféré chercher un texte par moi-même et le photocopier pour tous. Du coup, les enfants ont reçu chacun un exemplaire, que l’on peut manipuler, relire, travailler (ex : colorier les paroles de chaque personnage dans une couleur différente, pour faciliter la lecture à plusieurs).

Les méthodes de pédagogie actuelles sont entièrement basées sur la punition, surtout la punition corporelle. Or, durant des cours de psychologie, j’ai appris que si l’on veut mettre en place un comportement, ici, le comportement d’apprentissage des leçons, seule la récompense fonctionne. J’ai adapté et simplifié ce système pour l’utiliser en classe, il est très simple :

Une feuille (« tableau d’honneur ») est accrochée à l’entrée de la classe, visible par tous. Dès que l’on fait un devoir, celui qui a soit tout juste, soit la meilleure note, a un trait rouge à côté de son nom. Au bout de 5 barres, l’élève reçoit une petite récompense (tirée pour l’instant du matériel que j’ai amené avec moi) : stylo bic, gomme. Les récompenses pourraient aussi être moins matérielles : diplôme de « l’élève de la semaine », bon point... Ce système fonctionne plutôt bien. Les élèves sont motivés par l’envie d’avoir un trait sur le tableau, autant pour la récompense que pour la fierté d’être celui qui en a le plus. 

J’ai aussi initié le début d’une coopération entre élèves, en essayant de faire de temps à autre des exercices en « équipe » au lieu d’être toujours seul. Cela leur apprend à travailler en groupe, comme ils devront le faire à partir du collège. Or, ils n’en ont absolument pas l’habitude. J’ai essayé de mettre en place une « pédagogie par l’exemple », c’est à dire que j’essaie plusieurs nouveautés, plusieurs systèmes. S’ils fonctionnent, j’espère que le professeur en tiendra compte dans ses cours futurs. Il m’a déjà dit qu’il trouvait des choses intéressantes dans ma façon de faire et que cela lui « apprend beaucoup et qu’il est très fier ».

J’ai remarqué quelques changements : il apporte de temps à temps une récompense. « celui qui réussit à trouver la solution se voit recevoir un bout de craie ». Il porte aussi un peu plus d’attention à la compréhension : parfois, il explique la leçon qu’il vient de copier au tableau. De mon côté, j’utilise certaines de ses méthodes que je trouve intéressantes, comme par exemple partir le plus possible d’exemples de la vie quotidienne pour mettre le cours à la portée des enfants. 

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Jean-Michel Ré // Jardin de plantes médicinales : un récit en pleine germination

A mon arrivée à Assahoun, petite ville sur la route qui relie Lomé à Kpalimé, j’ai été accueilli par les volontaires togolais et français dans ce qui n’était encore que la bibliothèque et qui allait devenir durant mon séjour le centre culturel Éliké (qui du éwé au français pourrait être traduit par « qui prend racine »).

Ce n’était encore qu’une maison et une grande cour intérieure, entourées d’un haut mur aveugle, où logeaient une partie des volontaires et où s’entassaient quelques livres en attente d’un classement rigoureux, d’étagères solides et de lecteurs curieux. Au centre de la cour, le puits, palmiers et oranger abritant des bancs pour accueillir les jeunes et les enfants ainsi que les réunions des volontaires qui se tenaient tous les lundis matin.

Les volontaires étaient en majorité des jeunes femmes françaises ou belges, étudiantes et étudiants venus au Togo pour réaliser un stage dans le cadre de leurs études. Les volontaires togolais étant exclusivement des jeunes hommes, certains étudiants, d’autres en apprentissage d’un métier. Ce qui faisait de moi le plus vieux du groupe. Position toute relative car on est toujours le plus vieux de quelqu’un et surtout parce que elle était à la fois plus confortable puisque elle me donnait droit à une considération supplémentaire, notamment de la part des togolais, mais aussi plus délicate puisque elle sous entendait que j’allais prendre des décisions dictées par cette sagesse qui va de pair, dans l’imaginaire, avec l’ancienneté. Et ceux qui me connaissent savent que la sagesse n’est certainement pas mon trait de caractère le plus marquant. Mais j’ai néanmoins, tenté tant bien que mal, d’être à la hauteur des enjeux qui se présentaient et des espoirs suscités.

 

 

>> LA PETITE VILLE D’ASSAHOUN

Quelques mots pour tenter de décrire la petite ville d’Assahoun : une route principale empruntée par des camions ou des minibus surchargés, des taxis klaxonnant et des ‘’zems’’ (diminutif de zemidjan – taxi moto) qui portent les chargements les plus insolites et hasardeux (biquettes ficelées, cercueil posé en travers sur le porte bagage, pyramide de bidons ou quatre personnes plus un bébé).

Route principale bordée de commerces, bars distribuant bières diverses et variées tirées de congélateurs surchargés et musiques rythmées sortant de haut-parleurs saturés. Le long de cette route, la ville et ses rues en terre battue creusée par les pluies. Là, on trouve de nombreux commerces, surtout couturiers ou couturières travaillant sur ces vieilles machines à coudre de nos grands mères avec le plateau en bois et les pieds en fer forgé, celles là même qu’on peut encore trouver en France chez le brocanteur.

Des « maquis », petites baraques faites de bois et de tôles où le/la patronne cuisine, au charbon, sur des foyers en terre et sert sur des tables en bois autour desquelles on s’assoit en demandant une place à son voisin pour manger une cuisine simple et copieuse. Le pain-omelette, le « riz gras », les « maccas », spaghettis à la tomate et aux piments (je le mets au pluriel pour dire comme il y en avait beaucoup) qui m’ont maintes fois sauvé d’une faim vorace et imprévisible.

Des commerces insolites, comme celui là qui propose de recharger les portables et qui abrite un homme, un tabouret et une multiprise. Ou cet autre qui propose, dans des bouteilles que rien ne distingue, à la fois de l’essence pour les motos des zems et du « sodabi », alcool de palme local qui, si il n’est pas accompagné d’une macération de plantes, laisse un arrière goût de feu ou de plaquettes de frein, suivant l’heure à laquelle on le prend.

Enfin, un immense dépotoir à ciel ouvert où s’entassent toutes les ordures de la ville et surtout les sacs plastiques mais où pourtant la végétation repousse, émergeant des tas de détritus, où pourtant poules et poussins, chèvres et moutons pâturent en toute liberté.

Étrange vision en fait que celle de cette catastrophe écologique qui semble toute naturelle aux hommes comme aux animaux. Ce dépotoir fut l’objet de l’attention d’une partie des stagiaires présents avec l’association SoutienPlanète. Des sensibilisations furent menées, des possibilités de recyclage proposées. Les fois où j’ai voulu, à Assahoun, trouver de la terre arable pour le jardin pédagogique, je suis invariablement tombé sur ces sacs plastiques, prisonniers des racines de l’herbe qui poussait là. Un décret avait été adopté au début de l’année 2011 pour tenter de diminuer le recours à ces sacs plastiques, notamment par les commerçants qui emballent tout là dedans mais semblait rester lettre morte, faute de stocks importants, d’habitudes bien ancrées et de solutions de rechange pratique et peu onéreuse.

  

>> UN JARDIN PEDAGOGIQUE

J’étais à Assahoun du jeudi soir au mardi matin. Dès mon arrivée, j’ai proposé de créer, derrière la bibliothèque, un jardin pédagogique. Lieu où je voulais expérimenter une agriculture plus respectueuse de l’environnement, où les associations de plantes, le compostage et le paillage étaient l’essentiel des techniques culturales et où je voulais inviter les jeunes et moins jeunes à venir s’informer et se former en participant aux plantations.

Je disposais pour cela de semences, certaines achetées avec les contributions de ceux qui ont partagé mon enthousiasme, la plupart généreusement données par l’association Kokopelli (association qui œuvre pour la cause de la biodiversité et des semences de vie).

Un vendredi après midi fut l’occasion de créer des activités autour de la sensibilisation à l’environnement.

J’ai tenté d’expliquer le compostage et les associations de plantes à des enfants éberlués…

J’ai tenté d’expliquer le compostage et les associations de plantes à des enfants éberlués mais néanmoins heureux de pouvoir enfoncer, dans la terre fraichement remuée, les haricots qui devaient accompagner la croissance du maïs, les œillets d’Inde qui devaient clore les petites parcelles.

Ce fut un des moments les plus inoubliables de ce voyage. D’autant qu’un instituteur d’une école voisine se déclara enchanter par l’idée et intéressé par la perspective de pouvoir amener des classes scolaires dans ce lieu. Gage peut être d’une pérennité de ce projet dans l’avenir. Quand j’en suis parti, tomates, melons et pastèques peinaient à s’adapter tant au climat qu’au lieu qui n’était pas idéal pour une agriculture expérimentale. Par contre, haricots et maïs semblaient se plaire et profiter de leur présence respective.

Le lundi était habituellement occupé par la réunion et l’aide à la bibliothèque le matin, le travail au jardin et les cours d’alphabétisation donnés aux adultes dans les locaux de l’école communale, l’après midi. Le reste de la semaine, c’est à dire du mardi matin au jeudi soir, se déroulait à Anyron. Un petit village à 15 kilomètres d’Assahoun, peuplé majoritairement de paysans qui cultivent les terres près du fleuve. C’est ce village que l’association Soutien Planète avait choisi pour accueillir le projet de jardin de plantes médicinales.

  

>> ANYRON, TERRE D’ACCUEIL DU JARDIN DE PLANTES MEDICINALES

Anyron. On y accède par une longue piste en terre battue, que l’on emprunte à moto, conduite par un zem. 

On passe au bord de petits hameaux, faits de maisons en briques de terre et d’un toit en chaume, d’où émergent à notre passage, une ribambelle d’enfants s’écriant le sempiternel « yovos, yovos, bonsoir !!! » (yovo = le blanc en langue mina). L’envie de les saluer d’un petit signe de la main est forte mais périlleuse car cela implique que je lâche le porte-bagage auquel je me cramponne comme un forcené pour ne pas chuter à chaque bosse.

 

Je garde de Anyron un souvenir contrasté. Il faut imaginer un village sans électricité, une grande place couverte de neems (arbre originaire d’Inde) dont les racines offrent de nombreux sièges aux habitants réunis là après les travaux des champs. Les femmes y attendent devant leur panier de tomates qu’un zem emmène leur production jusqu’à Assahoun et au delà à Lomé où elle sera vendue. Des maisons en briques de terre et de ciment dont certaines ne résistèrent pas aux fortes pluies. Un arbre à palabre à l’aspect vénérable. Mais aussi, des histoires étranges de personnes qui disparaissent dans la forêt, de puits empoisonné aux pesticides, de femme folle qu’on attache à un arbre... Un autre visage difficile à apprécier mais qui fait néanmoins partie intégrante de l’ambiance locale.

Quand je suis arrivé à Anyron, mon premier travail a consisté à réaliser une enquête ethnobotanique auprès de la population villageoise. Cela consistait en des visites, au cours desquelles je posais des questions sur les plantes médicinales utilisées et souhaitées, sur les maladies les plus fréquentes et sur la manière dont était perçu le jardin de plantes médicinales.

Ces visites restent pour moi un souvenir fort car elles permettaient de côtoyer le quotidien des habitants, d’en savourer l’hospitalité et de voir l’ampleur des besoins. Nombreux furent les messages d’encouragement, les questions médicales pleines d’espoir, les témoignages pleins de superstition et de sagesse. Très vite, grâce aux réponses obtenues ainsi que grâce au livre sur les plantes médicinales d’Afrique de l’Ouest que j’avais amené avec moi, j’ai pu, avec Hermann, volontaire togolais, identifier une dizaine d’autres plantes, en prélever et les ramener au jardin pour les repiquer.

Trois semaines apres mon arrivée, une apres-midi et une nuit de pluie suffirent a devaster le jardin

 L’orage a commencé vers 17h… D’une violence inouïe jusque 3h du matin. Plus calme jusqu’au lever du soleil. Il faut imaginer des quantités incroyables d’eau qui tombent du ciel et qui assourdissent tout en tombant sur les tôles du toit, des bourrasques qui agitent même les plus grands arbres de la forêt, kapokiers et acajous, la terre qui se couvre d’eau pour disparaître sous plusieurs centimètres d’un flot ininterrompu. A dire vrai, si l’ampleur du désastre nous a tout d’abord découragés en découvrant ce qui restait, nous avons très vite réagi et entrepris de remettre en l’état le jardin et d’en protéger l’entrée par une butte de terre, sensée dévier le cour des eaux de ruissellement. Nous étions encore à cette heure là un peu optimistes.

 

>> LES DEUX PETITS VIEUX ET MA DOUCHE FROIDE (FAÇON PLUIE TROPICALE)

Les après midi étaient consacrées à poursuivre l’enquête, dans les quartiers du village. Les deux dernières personnes interrogées furent deux petits vieux, réunis sous un abri de fortune, occupés à manger de l’arachide grillée tout en se marrant comme de bons copains. Ils nous expliquèrent alors que le terrain se trouvait sur le trajet que les eaux de ruissellement empruntaient pour rejoindre le fleuve, que ce qui s’était produit se renouvellerait et qu’ils se souvenaient avoir vu les eaux du fleuve parvenir jusqu’à l’emplacement du jardin. Ils nous conseillèrent de trouver un autre terrain et d’en référer aux autorités du village pour qu’elles nous proposent une autre parcelle.

Pour moi, ce fut comme une douche froide, façon pluie tropicale. Une foule de pensées me traversèrent l’esprit durant les jours qui suivirent, dont une lancinante, sous la forme d’une question sans réponse : pourquoi nous avoir donné ce terrain alors qu’il était notoirement connu qu’il était inondable ? Question sans réponse parce que je n’avais envie d’en entendre aucune et puis parce que la formule préférée des togolais, « Ça va aller ! », prenait une dimension toute spéciale dans ces circonstances.

Heureusement, les autorités du village ne furent pas longues à nous trouver une autre parcelle et, la semaine suivante, les travaux de défrichage commençaient sur le nouveau terrain. Un nouveau terrain, à l’abri des inondations, plus vaste et plus arboré pour protéger les plantations du soleil de plomb et des orages désastreux, plus proche du village aussi mais, paradoxalement plus éloigné du premier puits.

Toute cette partie du travail m’éloigna de la botanique et de l’ethnopharmacologie pour me ramener à des activités de paysan. Désherber, dessoucher, bruler, composter, ratisser, arracher et replanter, porter des bidons d’eau et arroser. Ce fut physique et intense. Mais convivial et motivant car beaucoup de monde passait aux abords du champ et échangeait quelques mots avec nous, certains venaient nous prêter main forte. Et surtout parce que le fait de reprendre le projet à zéro me permettait de le concevoir d’une manière plus fidèle à mes convictions.

Tout ce travail s’est fait avec les outils dont nous disposions : quatre houes, une pelle, deux râteaux, trois machettes, un bidon, trois bassines, et deux sceaux.

Avec nous, membres de l’association, nous avions Eric, neveu du chef du village. Il a été présent tous les jours et partageait notre quotidien. Son aide fut d’un grand secours, notamment lors de l’enquête ethnobotanique pour son rôle de traducteur et la connaissance qu’il avait des habitants du village. Un des souvenirs que je garde est celui du jour de la sensibilisation réalisée à Anyron…

 

 

>> ERIC ET JEAN-MICHEL : 2 VOLONTAIRES EN SCENE

… C’était un dimanche. Rendez vous avait été pris avec les autorités et la population pour informer, communiquer, et sensibiliser sur le sujet du jardin de plantes médicinales. Avec les volontaires, nous avions monté deux petites scénettes destinées à toucher les habitants.

L’une sur le sujet des plantes médicinales où un malade trouvait à se soigner avec quelques feuilles et écorces. L’autre sur la nécessité d’agir ensemble et de s’entraider où, attachés par le pied, Eric et moi tentions, chacun de notre côté, d’atteindre une plante située suffisamment loin pour que le lien qui nous entravait nous empêche de nous en emparer. L’astuce était de s’entendre et d’aller, ensemble, chercher la première puis la seconde plante. Celle-ci fut très bien accueillie par les habitants et déclencha une hilarité générale dont je me souviens encore. A la fin, nombreux furent les témoignages de compréhension et d’adhésion au projet.

 

>> REUSSIR A CONVAINCRE LES HABITANTS QUE CE JARDIN N’ETAIT PAS CELUI DES YOVOS

Pour moi, tout le problème était là. Réussir à convaincre les habitants que ce jardin n’était pas celui des yovos, ni même celui de l’association Soutien Planète, mais bien plutôt celui des habitants d’Anyron. Réussir à leur faire comprendre l’intérêt d’un tel projet et à les amener à nous rejoindre dans les travaux de jardinage, la conception du jardin, le choix des espèces...

L’autre défi était également de les amener à trouver une forme juridique qui leur permette de gérer ce jardin de manière communautaire et selon une certaine équité. J’ai beaucoup insisté, durant mes prises de parole, sur la nécessité de développer une structure garante d’équité et de pérennité et qui assure un fonctionnement pratique et viable.

Je suis partis du Togo sans en avoir vu la création effective mais, d’après les nouvelles qui me parviennent de là-bas, un groupement est en passe d’être constitué et l’existence du jardin enregistrée auprès de la préfecture. Gage d’un avenir serein et long ? Dans tous les cas, ce qui je pense est promis à un bel avenir, ce sont les plants et semences achetées avec l’argent qui m’a été confié. Une partie de cet argent a servi à acheter des boutures auprès d’un pépiniériste de Kpalimé. Ces dernières on toutes pris racine et clôturent le jardin ou agrémentent les parcelles pour espérer les couvrir de leur ombre. Acajous, arbres à pain, saucissoniers, kinkélibas, arachidiers et j’en passe.

Les autorités du village ont été informées de la provenance de l’argent utilisé. J’ai, à chaque fois, reçu des messages de gratitude et d’espoirs meilleurs que je m’empresse de vous transmettre. Ce lien qui a existé entre nos deux pays n’a pas été qu’un lien matériel. Du moins j’ose le croire. Maintenant la question est : ‘’ C’est quand qu’on fait notre jardin, nous aussi ?’’

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Jamil, 23 ans, bénévole au Liban.

Après l’obtention de mon CAPES d’Histoire Géo, j’ai décidé de partir à Beyrouth pour apprendre l’arabe (libanais). Sur place, j’ai entendu parler de l’association Offre-joie...

Mon parcours :

Après l’obtention de mon CAPES d’Histoire Géo, j’ai décidé de partir à Beyrouth pour apprendre l’arabe (libanais). Sur place, j’ai entendu parler de l’association Offre-joie, notamment de son chantier de reconstruction à Achrafieh suite à l’attentat contre Wissam el-Hassan. Depuis un mois, j’étais à la recherche d’une association libanaise où me porter bénévole et rencontrer des personnes arabophones. A l’ambassade de France, j’ai obtenu les coordonnées du responsable de France Volontaires au Liban qui m’a mis en contact avec Offre-Joie.

 

Mon engagement bénévole allait commencer !

J’ai commencé par m’engager 4 jours par semaine afin de participer au soutien scolaire et aux activités proposées aux enfants. La proposition de postuler à un Service Civique à temps plein pour 6 mois sur place qui m’était proposée par Offre Joie Europe me tentait bien. Malheureusement, j’ai du décliner l’offre mais je décidais de m’engager pleinement dans le projet de janvier à février. 

 

Mes premières impressions…

Ce qui me plaît particulièrement dans le projet, c’est d’offrir un cadre francophone aux enfants au travers d’activités variées, ainsi que d’accompagner les enfants dans leur scolarité avec les cours de soutien dans toutes leurs disciplines.

Des personnes de tous les milieux sociaux et d’origines diverses travaillent dans l’association, ce qui permet de faire des rencontres intéressantes. Certaines personnes sont très impliquées dans le projet depuis des années, et sont très professionnelles, c’est donc agréable de travailler avec elles. De plus, des visites dans les écoles ont lieu ce qui permet de se familiariser avec le système scolaire libanais.

 

C’est une expérience humaine et professionnelle à vivre !

Jamil, janvier 2013.

 

Pour en savoir plus : 

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Qu’est–ce que le volontariat pour moi ?

Ma réponse en acrostiche !

Par Natacha Sarret

Valeurs (1)
ONG (2)
Long-terme (3)
Onirisme (4)
Nouveauté (5)
Terrain (6)
Action (7)
Respect (8)
Intensité (9)
Adaptation (10)
Transmission (11)

(1) Lorsqu’on choisit de s’engager en tant que volontaire, il est évident que c’est parce qu’on veut défendre certaines valeurs universelles telles que la liberté d’expression, les droits des femmes ou encore l’éducation pour tous.

(2) De plus ou moins grande taille, avec peu ou beaucoup de budget, célèbres ou inconnues, les ONG sont le moyen le plus courant par lequel on peut faire du volontariat ou du bénévolat.

(3) Hormis les associations qui interviennent dans des domaines qui relèvent de l’urgence, il est important que la vision du projet dans lequel on s’engage se fasse sur le long-terme avec une anticipation des futurs besoins du pays en développement.

(4) La première fois qu’on part en mission humanitaire, on s’envole souvent avec une valise pleine de rêves et d’images préconçues du travail qu’on fera une fois sur place. Attention, parfois la réalité peut ne pas coller avec ce qu’on s’était imaginé et là c’est la déception garantie !

(5) Débarquer dans un pays nouveau, dans une culture différente, est un sentiment d’excitation qui n’a pas son pareil ! C’est cet attrait du changement, de la cassure de la routine familière qui est souvent la première motivation d’un départ à l’étranger.

(6) Toute vision sur le développement international restera incomplète tant qu’on n’a pas mis un premier pied sur le terrain. C’est là qu’on se rend compte des tenants et des aboutissants d’un projet en prenant en compte la réalité locale.

(7) Comment s’inscrit mon action dans le projet ? Quels moyens vais-je mettre en place pour qu’elle soit la plus efficace possible ? Quelles vont être les conséquences de mon action sur le moyen et long terme ? Toutes ces questions sont indispensables avant de passer à ... l’action !

(8) Sûrement une des valeurs incontournables lorsqu’on choisit de s’immiscer dans une culture étrangère à la nôtre… Le choc des cultures peut être plus ou moins important selon le contexte et n’oublions pas que lorsque l’on intervient à l’étranger, nous ne sommes pas chez nous ! Restons humbles…

(9) Toute mission, peu importe sa durée, comporte ses hauts et ses bas et mieux vaut s’y préparer en amont ! Loin de sa famille et de ses proches, dans un environnement nouveau, on embarque dans les montagnes russes de l’humanitaire avec son lot de surcharge de travail, de tensions interculturelles et désagréments sanitaires… Mais ce qui est rassurant c’est que cette intensité fonctionne dans les deux sens et que les bons moments sont d’autant plus savoureux.

(10) Cette notion rejoint celle du respect et elles sont toutes les deux complémentaires. A l’étranger, il faut savoir faire preuve d’adaptabilité, de flexibilité et se fondre dans le contexte local afin que la mission se passe pour le mieux… sans perdre de vue ses valeurs pour autant !

(11) Le volontariat est une mission ponctuelle qui, même si elle s’étale sur plusieurs années, a une fin comme perspective globale. Si ne nous voulons pas nous transformer en colonisateurs modernes, ne perdons pas de vue que notre mission principale est de transmettre un savoir-faire, des connaissances ou un modèle de développement qui sera pérenne une fois que nous ne serons plus là.

Angliciste de formation, Natacha a tout d’abord enseigné pendant cinq ans dans une école bilingue en France avant de s’engager dans l’humanitaire avec l’association « Toutes à l’école » pour laquelle elle a travaillé pendant deux ans comme VSI au Cambodge. Elle habite aujourd’hui à Mumbai, en Inde, où elle intervient bénévolement dans une ONG éducative Atma.

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ATD Quart Monde à Bangui témoigne

Depuis 5 ans, mon épouse et moi-même, constituons la délégation du mouvement ATD Quart Monde pour l’Afrique. A cette époque, le choix avait été fait, avec notre délégation générale, pour vivre cette responsabilité depuis Bangui, ce « cœur de l’Afrique ».

C’est à partir de ce lieu que nous assurons les liens avec les équipes et groupes du mouvement ATD Quart Monde dans une dizaine d’autres pays du continent. Cette responsabilité nous amène souvent à nous absenter de RCA, mais nous y revenons toujours avec plaisir. Dans ces derniers 18 mois, comme chacun sait, la situation a parfois été extrêmement difficile. Cela n’a pourtant pas remis en cause ce choix que notre « camp de base » se situe à Bangui.

Située au quartier Sica 2 de Bangui, « la cour », ce lieu de rencontre des membres du mouvement ATD Quart Monde qui habitent différents quartiers de Bangui et de villages environnants, est aussi le lieu d’habitat des volontaires permanents. Ils sont actuellement deux, un français, et une néerlandaise. Depuis décembre 2013, ils ne vivent pourtant pas seuls, mais, comme beaucoup de foyers centrafricains, ont accueilli des personnes déplacées. La vie est devenue communautaire, partageant les moments d’inquiétude et les espérances, partageant ce qu’il y a et ce qu’il n’y a pas.

Même si nous sommes restés attentifs, et à l’écoute des informations provenant de sources différentes, les volontaires sont restés à Bangui durant toute cette période.

Un certain nombre de facteurs ont rendu possible ce choix, en rien idéologique.

On peut d’abord citer la simplicité des moyens utilisés par ATD Quart Monde, et la modestie des conditions de vie des volontaires, qui n’utilisent pas de groupe électrogène, se déplacent à pieds ou en transports en communs, et restent d’une manière générale accessibles. C’est aussi le cas de la Cour, dont le portail ajouré laisse le passant voir aisément ce qu’il y a à l’intérieur.

En mars 2013, alors que des bandes de pillards sillonnaient la ville, ce sont les voisins qui ont protégé la cour, disant à certains : « Non, eux ils n’ont pas de véhicule, ils ont seulement des livres ». Cette protection du quartier, un voisin nous l’exprimait un jour très clairement : « Vous savez, vous n’avez pas seulement votre gardien ; mais c’est tout le quartier qui veille sur vous. Car les gens ont beaucoup apprécié que vous soyez restés auprès d’eux. Et si un jour des gens malintentionnés venaient, c’est tout le monde qui dirait ’non, ce sont nos amis’ ».

Une chance que nous savons aussi apprécier, c’est d’être situé dans un quartier calme, jusqu’alors épargné par les combats et la plupart des pillages et des violences.

Bien sûr, nous restons prudents, veillant à ne pas provoquer, prenant conseil avant tout déplacements, et faisant très attention à ne pas mettre en danger d’autres personnes, que nos visites pourraient exposer à des suspicions.

Mais si les volontaires du mouvement ATD Quart Monde sont restés, c’est avant tout parce qu’à aucun moment ils n’ont perdu le sens que revêt leur présence.

Ce sens, ils l’ont d’abord trouvé dans la générosité des membres centrafricains du mouvement ATD Quart Monde. Même dans les moments les plus difficiles, alors que les déplacements étaient périlleux, ils ont vu arriver à la cour des personnes, pourtant très pauvres elles-mêmes, qui avec des bananes, qui des citrons, qui un peu de manioc... « pour vous encourager ».

Ce sens, ils l’ont aussi puisé, sans limites, dans l’engagement des jeunes qui ont démontré leur souci de ne pas laisser leur pays se détruire.

Nous pourrions multiplier les exemples qui démontrent combien des jeunes, animateurs bénévoles d’ATD Quart Monde, n’ont ps baissé les bras, mais ont au contraire redoublé d’efforts pour « ne pas laisser les enfants perdre leur intelligence ». Prenant parfois des risques eux-mêmes, ils sont allés à la rencontre des enfants, qui dans leur quartier, qui dans les sites de déplacés où ils se trouvaient souvent eux-mêmes. Avec des livres, des contes, des jeux, des crayons de couleur, ils ont aidé les enfants à ne pas garder seulement en tête un esprit de violence et de peur, mais à retrouver le goût d’apprendre, de jouer, d’être amis. Avec eux, ils ont fait des cahiers de la paix, peint des fresques (dont une offerte à l’hôpital mobile d’un site qui regroupe plusieurs dizaines de milliers de personnes déplacées) et chanté les chansons « enfants du monde, tends moi la main » !

De nombreux exemples des engagements de ces jeunes se trouvent sur le blog créé par ATD Quart Monde pour la circonstance.

Dans le même ordre d’idées, nous venons de vivre deux sessions, qui ont réuni du 7 au 12 juin 2014 inclus 50 participants. Membres du mouvement ATD Quart Monde, mais aussi d’autres associations, ils étaient tous invités au titre de leur engagement communautaire, auprès de jeunes ou d’enfants.

La formation « vers la citoyenneté par le chemin de la paix » était donnée par deux membres de l’association rwandaise Umuseke, que mon épouse et moi avions rencontrées chez elles, il y a déjà 4 ans de cela. Depuis, nous portions l’espoir que leur expérience vienne soutenir la réflexion des jeunes centrafricains, ceux qui, comme le dit la mission du mouvement ATD Quart Monde en Centrafrique, veulent enlever l’esprit de destruction, et apprendre à discerner ce qui est le bien et ce qui est le mal.

Et c’est au moment où les circonstances pouvaient sembler les plus difficiles que nos amies sont venues. Leur expérience et leur sagesse, venues d’une terrible douleur, a rejoint de façon évidente les participants, dans leurs peines et leurs espoirs.

Au terme de cette rencontre, l’un d’eux voyait déjà l’avenir, disant que « comme les amies rwandaises viennent aujourd’hui nous donner ce message de paix, nous savons qu’un jour, c’est nous, les centrafricains, qui pourront aller porter la lumière de la paix à ceux qui en ont besoin. »

En conclusion, je dirais être heureux, par notre présence, de contribuer un tant soit peu à ce que le Centrafrique ne reste pas seul, et que nos amis sachent que des hommes et des femmes sont prêts à les rejoindre, sans intérêt autre que celui d’affirmer que nous faisons bien partie d’une même humanité. « Zo kwe zo ».

Jean Venard - ATD Quart Monde Afrique
Volontaire du mouvement ATD Quart Monde
Bangui – RCA

ATD Quart Monde

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Maud, volontaire pour l´association Arena y Esteras

Maud a travaillé dans une association qui propose des cours et des formations au cirque et au théâtre. Ella a organisé une enquête socio-économique dans les collèges du quartier de Villa Salvador à Lima, auprès des enseignants et des élèves. L’objectif de cette étude était d’étudier davantage les besoins de la population, leurs intérêts et leurs attentes pour ce type d’activités artistiques.

Maud nous raconte en rigolant ses premiers rendez-vous. Souhaitant rencontrer le proviseur d´un collège, elle prend rendez-vous tôt le matin pour avoir le tems d´échanger tranquillement. Le temps passe, il n´est toujours pas là. On finit par lui dire en fin de journée, qu’il ne viendra pas. Bien décidée à le rencontrer, elle change de stratégie et se rend dans le même collège quelques jours plus tard, mais cette fois, sans rendez-vous. Le proviseur est là et lui réserve le meilleur des accueils !

Contactez l’Espace Volontariats du Pérou pour plus d’infos par mail ou par Skype : espace-volontariats.perou et retrouvez la page Pérou !

Découvrez également le portrait d’Adeline, également volontaire au Pérou.

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